Victorien Cayzeele x Robe sur l’impressionnante tournée de Soprano

Saïd M’Roumbaba alias Soprano pour ses nombreux fans, a perfectionné l’art de conjuguer musique, politique et poésie urbaine avec adresse, intelligence, de manière abordable et avec un talent certain pour la scène. Chacun de ses concerts fait salle comble, et l’artiste est actuellement en tournée dans les pays francophones européens pour le restant de l’année.

Victorien Cayzeele, jeune concepteur lumière, à la notoriété grandissante, est un élément clé de l’équipe créative qui donne vie au spectacle Phoenix, et ce notamment grâce à environ 150 projecteurs Robe qui sont au cœur d’une expérience émotive et innovante.

Victorien, qui accompagne le chanteur depuis six ans, a vu les spectacles grandir d’année en année en même temps que grandissait là la fois la popularité et l’influence de Soprano. Le calendrier 2019 de la tournée est riche en évènements, entre les shows (y compris 5 stades au mois de Septembre) les passages en festivals ainsi que plus de 40 concerts sur scène.

Le talent pour la scène de Soprano et le lien unique qu’il créé avec son public sont autant de raisons qui expliquent l’attrait pour ses concerts. Assister à son show est le seul moyen de ressentir l’énergie qui envoûte les foules. Concevoir l’éclairage pour cette tournée a été un réel casse-tête pour Victorien, qui a travaillé sur le projet en étroite collaboration avec Julien Mairesse, scénographe et directeur créatif de l’artiste, pour qui la vidéo devait occuper une place centrale.

Le choix des 5 écrans LED 10mm avec 80% de transparence ont été les éléments scéniques digitaux principaux dans l’architecture de la scène et ont représenté un vrai challenge pour Victorien et son imagination débordante.

Le système d’automation de la structure (de haut en bas, sur scène et en dehors, de gauche à droite) implique une installation au plafond remplie de rails sur lesquels glissent des chariots motorisés.

Pour compléter le tableau, une plateforme motorisée et asservie de 9 mètres de long par 2 mètres de profondeur descend du plafond, en avant-scène des écrans géants, pour toute une partie du spectacle. Cette plateforme monte, descend et s’incline, alors que Soprano, accompagné de quelques danseurs est parfois surélevé dans les airs et fait quand même le show !

Victorien a donc dû se montrer pragmatique, ingénieux et créatif même dès le début du projet, car tout l’espace au-dessus de la scène, traditionnellement réservé à l’accroche,était déjà occupé par l’écran vidéo et la plateforme asservie.

Rapidement, il a également compris qu’il lui faudrait des dispositifs compacts et allégés qui pourraient offrir une souplesse maximum pour leur taille. C’est pourquoi il s’est orienté vers Robe, marque avec laquelle il adore travailler, pour la large gamme d’appareils hybrides de petite taille.

Avant de se lancer dans l’organisation, les équipes ont mené une série de tests afin d’établir de manière exacte la dynamique et le déroulé du spectacle, et ainsi déterminer la coordination nécessaire entre éclairages et chansons. C’est ce « diagnostic » qui par la suite a déterminé le positionnement exact des projecteurs.

« C’était une manière de travailler stimulante et très excitante » confie Victorien, qui prend un plaisir particulier à faire partie d’une équipe créative dans laquelle la synergie des talents et l’échange d’idées permettent un flux de travail vigoureux.

 

Une fois la problématique du matériel résolue, la structure accueillant l’éclairage – faite de sept truss de 2,4 mètres de long, deux de 7 mètres ainsi qu’un truss de 20 mètres couvrant le devant de la scène, fut assemblée.

De part et d’autre de la scène, trois truss de 5 mètres montés les uns en dessous des autres à différentes hauteurs fournissent l’éclairage principal. Cette disposition est efficace pour éclairer de manière croisée la zone principale de la scène, que Soprano occupe énergiquement pendant la majeure partie du show.

Au total, ce sont donc 55 Spiider, 14 BMFL Blade, 56 LEDBeam 150, 26 Megapointe et enfin 4 BMFL Spot pilotés par le système de poursuite déportée RoboSpot de Robe.

Sur 55 Spiider, 24 sont disposés par 4 sur les 6 truss latéraux de la scène. Une partie des LEDBeam 150 est intégrée à l’écran vidéo, le long de la partie haute du cadre fixé sur des supports spéciaux, aux côtés de strobes et de barres de LED motorisées.

Chacun des sept petits truss est équipé d’un BMFL Blade, un Spiider, un MegaPointe et un strobe, les plus gros appareils étant fixés sur le devant du truss et les plus petits, derrière, certains frôlant parfois de quelques millimètres les rails. Sur cette technicité, tout le mérite revient à l’équipe Rig de Dushow et leur travail fantastique !

Le truss de face, est lui, équipé de 4 BMFL Blade, 4 BMFL Spot et leur MotionCamera attitrées contrôlées par trois BaseStation RoboSpot. Sont aussi présents 8 MegaPointe, 8 Spiider ainsi que 6 strobes à LED.

Victorien a besoin d’une quantité significative d’éclairage sur le devant de la scène pour couvrir l’ensemble des danseurs et des chanteurs, c’est pourquoi chaque projecteur a été méticuleusement choisi pour ses caractéristiques multi-fonctions et son flux conséquent. Ces éclairages servent également à faire la lumière sur le public à l’occasion des nombreux moments d’interaction avec le chanteur.

Positionnés au sol sur l’arrière scène se trouvent 18 panneaux à LED mobiles ainsi que 6 MegaPointe. desLEDBeam 150 sont disposés le long de l’avant-scène dans des coffres, et des panneaux à LED mobiles supplémentaires se trouvent sur la marche supérieure du décor.

Derrière les écrans vidéo se trouvent des structures en échafaudage qui abritent le DJ et les nombreux musiciens qui accompagnent Soprano, eux-mêmes mis en lumière par des éclairages supplémentaires fixés à cette même structure (des 5 écrans vidéo, le central est posé au sol alors que les 4 autres sur les côtés et au plafond sont mobiles).

Les 4 BMFL Spot sont contrôlés à distance grâce à 3 BaseStation RoboSpot situées sur le côté de la scène. Victorien apprécie particulièrement ces derniers pour leur aspect discret mais tout de même dynamique quand il faut être précis et rapide : « Il est primordial de pouvoir contrôler au maximum la taille exacte du faisceau, notamment parce qu’il y a déjà un mur à LED sur scène, et qu’il ne faut pas saturer l’artiste de lumière. Utiliser un système tel que RoboSpot me donne cette possibilité de viser précisément les artistes, les choristes et n’importe quel autre occupant de la scène. »

Victorien peut également contrôler le dimmer, en même temps que les opérateurs se chargent du focus, du zoom, du pan/tilt. Il nous confie que « ce partage des paramètres entre eux s’est fait naturellement à mesure qu’ils montaient le show au rythme des répétitions ».

Ayant déjà utilisé les Spiider lors de la précédente tournée de Soprano, il affectionne leur petite taille, les couleurs profondes, leur vivacité et l’exceptionnel pixel mapping.

Précédemment utilisés dans les shows précendents, figurent également les LEDBeam 150, mais « Phoenix » requiert des sources LED qui soient à la fois compactes, puissantes et suffisamment légères pour être fixées au mur à LED sans avoir un impact significatif sur la charge totale : « Pesant 5kg tout en étant très vif, le LEDBeam était l’éclairage parfait pour cette application » déclare-t-il.

Les BMFL, qu’il a régulièrement utilisé sur des projets récents, sont ici présents dans leur déclinaisons Blade et Spot afin de contraster les sources de lumière (avec les LEDBeam et Spiider) et produire l’effet de faisceau spectaculaire très reconnaissable du BFML.

Reconnaissant que les MegaPointe sont légèrement « sous exploités » pour leurs effets, ils jouent néanmoins un rôle clé dans les grands mouvements fluides qui balaient la scène dans les temps forts du show.

Soprano a souhaité travailler avec Victorien dès le départ, pour son approche fraîche et différente dans la conception et sa capacité à imaginer et créer en dehors des sentiers battus. De fait, son travail a gagné en reconnaissance pour être débarrassé des « clichés » sur l’éclairage.

Soprano est par ailleurs très impliqué dans la production et ses représentations.

Il partage le même enthousiasme et engouement que l’équipe créative qui l’entoure concernant les éléments esthétiques et sonores. Il est attaché au caractère théâtral du show et sa construction en couches qui se révèlent une à une à mesure que le spectacle progresse… et que les surprises s’enchainent !

« Il aime que tout soit orchestré avec précision et il est totalement disposé à travailler en harmonie avec l’éclairage afin d’arriver à un rendu spectaculaire », confie Victorien, « Certains morceaux sont extrêmement complexes et minutieux en termes de gestion technique ».

Le spectacle, de près de deux heures et demi, offre un éventail d’effet visuelle très large. Victorien a planifié le show avec l’assistance de son collègue Matthieu Patriarca, ainsi qu’un troisième opérateur, Romain Fior, qui se chargeait de la programmation vidéo durant les préparatifs et les premiers mois de la tournée.

En tournée, c’est lui et Matthieu qui pilotent l’éclairage depuis leur grandMA3 en Mode 2, qui déclenchent également les éléments vidéo de playback – sur le serveur SMODE. Environ 70% du show est synchronisé par timecode depuis la session Ableton du DJ Majide Mazari, qui centralise les signaux de vidéo, d’éclairage et d’automatisation.

Tout l’éclairage et le son (un système GSL ded&b) est fourni par Dushow, et la vidéo est assurée par une de leur entreprise partenaire, Alabama.Le contenu vidéo impressionnant est lui le fruit du travail de Cutback Live, entreprise basée à Paris. Enfin, toute l’automatisation est confiée à l’entreprise canadienne Show Distributionvia MASH, faisant elle aussi partie du groupe Dushow.

Le montage vidéo des images est assuré par Romain Fortune. Le directeur de production, Pascal Meley, travaille main dans la main avec Aymeric Sorriaux, le directeur technique, et veille au bon déroulement des opérations en tournée.

Victorien attribue le mérite aux incroyables équipes « vidéo et éclairage », qui rendent possible chaque spectacle. Il s’agit de Sebastien Casaban, chef électro & blocker; Pierrick Leblanc et Martial blond, techniciens autos & RoboSpot; Lionnel Mulet, technicien auto; Jonas Bergot et Michael Souvy, techniciens vidéo.

© Photos : Louise Stickland

Info: robelighting.fr

Aller à la barre d’outils